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En juillet 2007 à l’hôpital Foch, Géraldine a donné un rein à son mari Fabrice, atteint d’insuffisance rénale.
Voici un extrait de leur interview paru dans Suresnes magazine à l’occasion de la journée nationale du don d’organes :
Une belle histoire
Suresnes magazine : Comment en êtes-vous arrivé à ce choix de la greffe ?
Fabrice : En septembre 2006, les médecins ont décelé chez moi une très sévère insuffisance rénale et je me suis retrouvé à devoir faire des séances de dialyse trois fois par semaine. Géraldine a tout de suite pris les choses en main en disant qu’elle me donnait son rein s’il y avait compatibilité. Mais j’étais tout à fait opposé à cette greffe. J’étais prêt à assumer cette maladie et j’avais du mal à accepter l’idée de lui prendre un organe pour vivre. Mais le fait est que l’on ne vivait plus ! Plus de week-end, plus de vacances, entre le rythme des dialyses et la très grande fatigue que je ressentais. Finalement, Géraldine a été très tenace, on en a longuement parlé en famille, avec mes parents, son père, son oncle, etc. Tout le monde a été formidable, à commencer par Géraldine qui a tout pris en main et m’a finalement convaincu de franchir le pas. Et ma deuxième vie a commencé à partir de là.
S. M . : On imagine que c’est une décision difficile à prendre ?
Géraldine : Ce n’est en aucun cas un choix facile. J’ai longtemps pesé le pour et le contre, je me suis renseigné, j’ai demandé des avis autour de moi. Dans la période ou Fabrice était à l’hôpital, je passais mes nuits sur internet pour commencer à me documenter. Une fois que j’avais tout évalué, j’ai décidé de me lancer… Si j’avais un conseil à donner, c’est justement de prendre son temps, de mesurer le choix, d’en parler autour de soi, pour ne pas se lancer tête baissée dans une décision qui n’est pas banale. On vit très bien avec un rein, mais il arrive que des personnes se rétractent en cours de procédure et cela peut être assez traumatisant. Par ailleurs, il faut être dans une relation de confiance avec les équipes médicales.
S. M. : Et la prise en charge médicale justement ?
G. R. : Nous avons eu la chance d’être accueilli par une équipe médicale exceptionnelle de l’hôpital Foch, que ce soit le docteur Michel Delahousse ou son assistante Eliane. Ils ont été formidables et on s’envoie encore des mails aujourd’hui avec Eliane. Chaque fois que nous avions la moindre question, ils étaient là pour nous répondre. Nous sommes arrivés dans ce processus sans la moindre connaissance et l’on a été remarquablement accueilli, orienté. Et opéré ! Les attentions du personnel en salle de réveil nous ont profondément marqué. Foch c’est 20 sur 20.
S. M. : Entre le moment où vous aviez pris votre décision et l’opération, le processus a été long ?
G. R. : Dès le mois d’octobre, je me suis lancée dans les examens et l’opération a eu lieu le 11 juillet 2007. Nous avons eu cette chance inouïe d’avoir une forte compatibilité. Mais il y a eu aussi des passages assez difficiles, comme les entretiens avec le comité d’éthique. Il ne s’agit pas d’un don au sein d’une famille. Les histoires d’amour ne sont pas toujours éternelles et la question d’une éventuelle rupture dans le futur et de ses implications a été évidemment évoquée.
F. C. : Cela crée évidemment un lien très particulier. Je suis redevable, la question ne se pose même pas. Mais c’est un choix réfléchi et nous sommes très clairs sur le fait que ce don n’est pas une attache pour autant.
S. M. : Et vous vous êtes mariés…
G. R. : Je souhaitais me marier à l’âge de trente ans. Le mariage était prévu depuis longtemps, mais disons que c’était l’occasion de le faire ! Nous nous sommes mariés 10 jours avant l’opération On est entré à l’hôpital avec la tête encore un peu dans les étoiles. Et nous sommes sortis main dans la main 9 jours plus tard. Au bout de quelques semaines, nous revivions tout à fait normalement. Nous avions fait un mariage en petit comité et maintenant nous allons faire une énorme fête !
Géraldine attend aujourd’hui un bébé qui complètera cette belle histoire de don et d’amour.